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Islande: La cité des jarres par Arnaldur Indriðason
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Islande: La cité des jarres par Arnaldur Indriðason

Vous l’avez sans doute déjà deviné, mais avouons-le tout de go. Je suis un incorrigible « collectionneur de pays ». Je ne peux pas résister à l’opportunité de découvrir, même brièvement, un nouveau pays. Ainsi, quand mon agence de voyage me proposa de remplacer un vol direct des Etats-Unis vers Paris par un vol moins cher avec une courte connexion en Islande, je saisis l’occasion, mais en rallongeant de quelques heures le temps de transit. Juste assez pour me permettre de louer une voiture et d’explorer la péninsule de Reykjanes à l’aller et la capitale Reykjavik au retour.

Bien sûr, je n’ai fait qu’effleurer certains paysages de l’île. Comme c’était la fin juin, le soleil se couchait un peu avant minuit et se levait juste après trois heures du matin. Lors de mon tour nocturne de la péninsule, je rencontrais plus d’oiseaux et de chevaux islandais que d’habitants. Ce tour me mena à travers de longues étendues de basalte noir, égayées çà et là par des touffes de fleurs violettes ou rendues dramatiques par le surgissement des vapeurs d’un geyser. Je traversais quelques villages de pêcheurs ou petites villes portuaires, surpris de ne voir personne dans les rues malgré la lumière du jour. Je m’arrêtai pour marcher vers des phares marquant les aspérités de la côte. Malgré mon pull et ma veste, je grelottais, pourtant proche du solstice d’été. Je me promenai aussi autour d’églises et de leurs cimetières.

Le hasard voulut que je m’arrête à l’église de Hvalnes, une charmante petite structure construite en bloc de roche noir par un fermier et propriétaire de bateau islandais à la fin du 19ème siècle. Cette église et son cimetière jouent un rôle central dans l’adaptation cinématographique du roman « La cité des jarres » écrit par Arnaldur Indriðason. C’était justement ce roman dont j’avais téléchargé la version audio et que j’écoutais au volant lors de mon périple nocturne.

Je n’ai pas l’habitude des polars scandinaves, mais j’ai été séduit par ce roman, un des premiers d’Indriðason à avoir été traduit à l’étranger. L’inspecteur Erlendur, avec ses collègues plus jeunes, Sigurdur Óli et Elinborg, est chargé d’investiguer sur le décès d’Holberg, un vieil homme frappé à la tête avec un cendrier, sans mobile apparent. En même temps que l’enquête, il doit gérer sa relation avec sa propre fille, Eva Lind, qui se drogue, est tombée enceinte et lui reproche d’avoir été un père absent, tout en le « tapant » pour un peu d’argent.

Erlendur découvre que l’homme retrouvé mort a un passé, passé qu’il va creuser avec son opiniâtreté bourrue. Il y a près de 40 ans, Holberg a été accusé de viol, mais n’avait pas été poursuivi par ce que le commissaire en service pensait que la victime l’avait « cherché ». Plus tard, cette femme se suicida peu après le décès des suites d’une maladie mal expliquée de sa petite fille de quatre ans.

Holberg était-il le père de l’enfant ? Avait-il violé d’autres femmes ? Erlendur a retrouvé une vieille photo d’une tombe derrière un tiroir dans son appartement. Il contacte la sœur de la victime du viol, retrouve la tombe de la petite fille et décide de rouvrir celle-ci pour procéder à une nouvelle autopsie (dans le film réalisé par Baltasar Kormákur, la tombe est dans le cimetière de l’église de Hvalnes). L’autopsie révèle que le crâne de la fillette est vide et que son cerveau a disparu. Où est passé cet organe ?

Le roman nous emmène alors dans les sombres méandres d’un projet, réel, de codification des gènes de la population islandaise qui forme un pool génétique très singulier. L’objectif de ce projet controversé était de faciliter les recherches sur certaines maladies génétiques qui affectent les Islandais. Mais cette base de données ne pourrait-elle pas ouvrir la porte à des abus ? Au-delà de l’enquête policière menée avec beaucoup de brio et de suspense, « La cité des jarres » offre une réflexion originale sur la génétique et la filiation. Le roman d’Indriðason m’a ouvert en quelques heures de lecture bien plus de perspectives sur la société islandaise que n’ont pu le faire mes quelques heures de conduite dans la fascinante âpreté des paysages de l’île.

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